Alberico

A travers un portrait sensible d’Alberico, ancien mi- neur de fond, qui fut amener à l’âge de la pension, à devoir quitter sa maison pour se retrouver à dormir dans les bois, le film ravive la mémoire d’un pan de l’histoire de la Belgique d’après guerre lié à l’immi- gration italienne.

Bains publics

Les Marolles, au cœur de Bruxelles. Près de 65 ans après son inauguration, « les Bains de Bruxelles » offrent toujours deux bassins de natation et des bains douches publics aux habitants de ce quartier populaire. Des personnes d’âge, d’origine et de classe sociale différentes y trouvent un lieu de ressourcement et d’apaisement. Illustration d’un melting pot où les gens s’entrainent, se lavent, se parlent, se rencontrent. Un film tourné exclusivement dans l’enceinte de la piscine et de ses abords, où sensations, impressions, situations nourrissent une vision en apparence égalitaire mais qui va se révéler bien plus complexe.

Derrière les volets

Une usine va être rasée. Elle porte mon nom. Je ne peux pas y entrer. C’était une fabrique de café qui appartenait à mon grand-père. Comme on me refuse l’entrée, j’enquête. Ma grand- mère habite en face. Je retrouve les ouvrières qui y ont travaillé et les carmélites qui vivent derrière. Au même moment, je tombe enceinte.

Elles disent

Je suis née et j’ai grandi dans le quartier turc de Schaerbeek. À trente ans, à travers le prisme de mon parcours personnel, marquée par des questionnements sur l’identité et le rapport à l’autre, et en invoquant le travail cinématographique de ma mère, je décide de filmer Laïla, Esinam et Zeynep, trois amies d’enfance et d’adolescence pour évoquer ces parcours marqués par ces « ailleurs » dont elles sont porteuses. L’une est moitié ghanéenne, l’une d’origine turque, et l’autre d’origine marocaine. C’est le moment des premiers constats et des incertitudes. L’époque a bien changée depuis ma scolarité achevée en 1997, à La Nouvelle Ecole, place Saint-Josse. (...) La grande unisson entre les peuples semble être un rêve d’un autre temps.

Faites sortir les figurants

Le figurant est un décor vivant. Chaque fiction, chaque histoire demande des acteurs, des décors et costumes et une masse d’humains anonymes qui traversent ces décors. N’importe qui peut être figurant puisqu’on demande au figurant de n’être personne. Mais que révèle au fond le statut de figurant? Qui se cache derrière ces « étiquettes », quels humains, quelle part d’humanité ? C’est sur cette idée de la figuration comme métaphore de la fragmentation du corps social que ce film se construit.

Kev

Kevin vient du Borinage. Tout le monde l’appelle Kev. C’est un adolescent roux, aux yeux pâles, avec une oreille coupée. Fugueur, casseur, incontrôlable, on dit de lui qu’il est autiste. Quand il avait deux ans, une assistante sociale l’a découvert enfermé dans une chambre plongée dans l’obscurité. Un trou dans le rideau laissait passer la lumière, Kevin essayait de l’attraper. C’était son seul jouet. Depuis qu’il a quatorze ans, je lui rends visite avec ma caméra. Aujourd’hui, il en a dix-neuf. Kevin a grandi, il s’est apaisé. Ce film propose de le suivre pendant ces cinq années, au plus proche de son quotidien, à l’institut et chez ses grands-parents, dans sa douceur et sa violence, pour tenter d’éprouver un tout autre rapport au monde.

Lettre à l'empereur (la)

Le Japon s’arme et se prépare à un éventuel conflit avec la Chine ou la Corée du Nord. Pourtant une bataille désespérée se livre depuis presque cinq ans sur le front de Fukushima. Ainsi, une guerre en cache-t-elle une autre... La guerre, c’est comme les mauvaises herbes. Quand on ne s’attèle pas à désherber elles repoussent naturellement. Taro Yamamoto est une sorte de jardinier qui, passant son temps à nettoyer le jardin de Fukushima se voit obligé maintenant de s’attaquer au problème du réarmement de son pays.

Madre del oro (la)

Amazonie. Du lieu de la «captation» à celui de l’exploitation sexuelle dans les zones aurifères du Pérou, le film raconte l’histoire d’une adolescente dépossédée peu à peu de son intégrité morale et physique pour devenir une esclave sexuelle. Dans la mine d’or de Huaypethue, là où les illusions d’un amour se meurent, nous suivons un jeune mineur dévoré par l’alcool et le sexe. Fièvre de l’or, fièvre du sexe, la destruction de l’environnement résonne comme la métaphore de la destruction des vies.

Parolier

Rosario Marino, immigré italien, ouvrier, puis parolier de chansons à grand succès. Un homme qui a quitté l’usine pour vivre de sa plume. Ce portrait réalisé par la fille du parolier est un questionnement sur la transmission des processus de création. A-t-elle hérité des méthodes de création de son père ? Et lui, de quoi est-il l’héritier ? Sur fond de paroles de chansons d’amour, une histoire marquée par la persévérance, la passion, et surtout par l’amour entre un père et une fille.

Philippine (la)

Chaque année, environ 200.000 femmes quittent les Philippines pour travailler comme domestiques. Elles se rendent dans le monde entier, vers des pays riches industrialisés. Aux Philippines, chaque femme désireuse de quitter le pays en tant que travailleuse domestique doit suivre une série complète de formations, validée par un Certificat National de Services Domestiques. Le film s’intéresse à ce programme institué par le gouvernement, qui définit précisément les caractéristiques d’une travailleuse domestique philippine. En contre-point les témoignages de travailleuses revenues de l’étranger.

Sang des autres (le)

En vertu de l’article 9ter de la loi dite « des étrangers », des hommes, des femmes, des familles avec enfants ont demandé le séjour en Belgique pour raisons médicales. Depuis 2012, l’Office des étrangers rejette presque systématiquement toutes les demandes et les migrants déboutés reçoivent un ordre de quitter le territoire. Ils souffrent de maladies graves, mortelles à court terme s’ils ne reçoivent pas le traitement adéquat.

Saule Marceau

Un cavalier solitaire arrive dans une vallée lointaine, à la recherche d'un terrain où s'installer. Clément est mon frère ainé. Il est devenu fermier dans le Limousin, loin de la cité de banlieue parisienne où nous avons grandi. Entre temps, nous nous sommes éloignés l'un de l'autre. Je lui propose de faire un film ensemble.

Sur la route d'Enver Hadri

Kosovo 1944, un homme disparaît sur la colline de Peja dans un charnier avec des dizaines d’autres. Bruxelles 1990, son fils est assassiné à Saint-Gilles abattu de deux balles dans une voiture. Vingt-cinq ans plus tard, Renoar Hadri remonte sur les traces de son père et de son grand-père. Sur la Route d’Enver Hadri est l’histoire d’un fils qui part à la rencontre de ses morts et qui met à jour un secret, l’histoire d’un enfant caché. Le film est un retour aux origines, un récit sur la nature humaine, la découverte d’un être et celui d’un pays, le Kosovo, en proie aux fantômes du passé.

Turuncu aylar

Les lunes rousses

9 ans, Tüncay est arrachée à l’insouciance de son enfance au village en Anatolie. Sa grande soeur, ma mère, vit et travaille en Belgique. Elle souhaite avoir sa petite soeur au- près d’elle pour s’occuper de nous les enfants. Puis, à peine adolescente, un mariage arrangé la propulse brusquement dans les méandres de la vie. Une grossesse précoce et la soumission à une vie qu’elle n’a pas eu le temps de penser, se heurtent brutalement à ses rêves. Et, tout implose. Tüncay est précipitée dans une survie qui dure encore aujourd’hui. Un parcours marqué par trois femmes, sa mère, sa grande soeur et sa fille. Un film portrait traversé par quatre générations et une géographie allant des steppes d’Anatolie en passant par Bruxelles, Gand, jusqu’à l’autre bout de la Terre où Pinar, sa fille, est en marche vers une nouvelle femme. Entre ici et là-bas, ma tante Tüncay est le noeud dans un tissus de femmes. C’est un portrait miroir qui reflète l’histoire de toutes les autres.

Dans les yeux de Médor

Face à un monde qui bouge, le journalisme d’investigation vit des transformations profondes. Avec Inter- net et les réseaux sociaux, l’accélération du rhythme de travail, des manipulations de l’information et la menace des extremismes et populismes, il devient de plus en plus difficile de défendre un travail d’information de qualité. En créant le trimestriel Médor, un groupe d’une ving- taine de journalistes et graphistes essaie d’enrichir le paysage de la presse belge francophone avec des enquêtes et des récits. Leurs interrogations sont emblématiques de leur métier et universelles. De quelle manière faire du journalisme, et comment rester indépendant ? Est-ce encore possible et économiquement viable ?

Des femmes remarquables

Six femmes nous racontent comment elles ont dédié leur vie à la recherche spirituelle. D’où vient cette recherche ? Comment s’exprime-t-elle ? Qu’elles soient de tradition chrétienne, musulmane, juive, tantrique, humaniste ou bouddhiste, ces femmes nous font rentrer dans leur quête intérieure intime, nous livrant les obstacles qu’elles ont du surmonter pour suivre leur appel, nous faisant partager un souffle qu’elles ont pu toucher dans leur voyage vers la liberté.

Droit chemin (le)

Le monde du travail est basé sur des concepts de compétition, de pouvoir et bien sûr de profit. Ce modèle économique et sociétal engendre frustration, malheur, et désastre environnemental. Tout le monde parle de laisser une meilleure planète à nos enfants.Pourquoi ne pas essayer de laisser de meilleurs enfants à notre planète ?Réinventer fondamentalement nos structures d’éducation semble une nécessité pour répondre avec succès aux questions de développement durable auxquelles nous sommes actuellement confrontés. Au Nord comme au Sud.Pour amener les jeunes à penser et vivre le monde autrement, voire le « guérir », il faut peut-être reconnecter : l’homme à la nature, l’économie à l’écologie, l’art à la politique...

F.A.M.I.L.L.E

C’est le film d’une enquête personnelle sur la procréation médicalement assistée (PMA) et la naissance d’un autre regard sur une institution que l’on connaît tous et que l’on appelle F.A.M.I.L.L.E. En Belgique, la loi permet aux couples lesbiens d’avoir des enfants en ayant recours à la PMA avec don de sperme anonyme. La réalisatrice s'interroge : pourrait-elle avoir une famille viable si la prochaine personne qu’elle rencontre est une femme? Car pour elle, une famille, c’est un père, une mère et des enfants. Elle part donc à la rencontre de membres de ces nouvelles familles homoparentales et des acteurs qui ont contribué à leur émergence: elle revisite leurs histoires, s’interroge, revient sur leurs embûches, essaie de panser certaines plaies, pousse sa réflexion un peu plus loin.

Femmes prêtres au Vatican

Des femmes ont décidé de défier le Vatican et de devenir prêtres catholiques. Elles sont aujourd’hui une centaine à travers le monde. Elles célèbrent des messes, malgré le désaccord de l’Eglise. Un film politique et féministe sur un sujet jamais abordé. Un voyage avec des femmes libres dans le dernier bas- tion de la misogynie.

In a silent way

Malgré le nom qu’ils s’étaient choisi, les musiciens de Talk Talk détestaient les interviews, les tournées et les plateaux télés. Aujourd’hui, ils ne se parlent plus, refusent d’évoquer publiquement cette période et ne souhaitent pas que leur musique figure dans un film. Une équipe de cinéma part sur les traces de « Spirit of Eden », l’album qui a marqué leur rupture musi- cale et commerciale...

Ma'ori nui

Tahiti, Polynésie française. Entre la piste de l’aéroport international et une petite colline de terre s’étend le quartier du Flamboyant. (...). Ces quartiers sont les lieux que l’histoire coloniale française a remplis d’un peuple déstructuré, aliéné, fatigué. Un peuple que les années fastes des essais nucléaires a habitué au clientélisme et à la politique de la main tendue. Un peuple que l’argent déversé et les politiques d’assistanat ont anesthésié. Aujourd’hui, le peuple Maohi est un peuple dominé qui a perdu sa langue, qui ignore son histoire et qui a oublié ses traditions et son rapport au monde (...). En confrontant l’esprit Maohi à son histoire nucléaire et à son présent fracturé, le film montre le visage d’une colonisation contemporaine et l’élan vital d’un peuple qui tente de ne pas s’oublier et qui, silencieusement, cherche le chemin de l’indépendance.

Mitra

Décembre 2012 : répondant au SOS de sa collègue Mitra Kadivar, le psychanalyste Jacques-Alain Miller tente par échanges de mails de la libérer d’un hôpital psychiatrique à Téhéran. À partir de cette correspondance saisissante, le film rend compte du combat de Mitra pour être entendue, et en propose une interprétation lyrique : les emails sont mis en musique et en voix par une équipe artistique en répétition, faisant de Mitra l’héroïne tragique d’un ciné-opéra documentaire. Ce travail de création est nourri par celui que mènent les patients d’un centre psychiatrique en France. Par le tissage d’écrits, de récits et de chants, tous entrent en résonance avec l’histoire de Mitra.

Place de l'homme (la)

Confrontés à une décision qui les impliquent mais pour laquelle leur avis ne pourra jamais prévaloir, des hommes entre 20 et 30 ans partagent face caméra leurs ressentis et réflexions à propos de l’avortement. Au regard des relations hommes/femmes, c’est le portrait d’une génération charnière qui se dessine à travers le film.

Soy libre

Un jour, je me suis rendue compte que mon petit frère était déjà grand. Arnaud a aujourd’hui 24 ans. Il est né dans un engrenage où il n’a jamais rien pu choisir. Et il sent encore, au jour le jour, que son histoire le guette. Alors, il a commencé par fuir et c’est dans une cavale permanente qu’il s’est emballé. En réussissant à se dégager de là, il est entré en rupture. Il provoque l’étincelle pour que quelque chose se passe. Il cherche à dépasser ce qui lui a été imposé et ce pourquoi il est fait. Il cherche ce qu’il aurait dû être. Il va, pour ainsi dire, vers ce qui l’attire. Et compte sur les rencontres pour apprendre et découvrir de quoi le monde pourrait être fait. C’est l’histoire d’un passage à l’âge charnière où le devenir adulte pousse un personnage à ne pas finir comme il a commencé. Sous la métaphore du serpent qui lâche sa peau pour aller en chercher une autre. Arnaud va bouger, il va se tordre, et se confronter. C’est l’histoire d’une lente mutation.

Totems et tabous

La caméra s’avance lentement dans ce majestueux palais vide... Sur plus de 300 colonnes, le « L » du Roi Léopold II, fondateur du Musée Colonial belge de Tervuren, au début du XXe siècle. Il a été le « génocidaire » de son propre royaume, l’Etat Indépendant du Congo. Après plus d’un siècle, ce Musée, héritier des collections les plus riches du monde sur l’Art africain, rouvrira ses portes à l’automne 2017, après une rénovation de plus de 10 ans. Il fait déjà l’objet de beaucoup de polémiques internationales, critiqué de toute part pour les vols et pillages composant ses richesses. Est-ce que beaucoup de musées dans le monde ne sont pas le résultat de pillages et devraient aussi se remettre en question ?

Vacancy

SA, 2016. Un phare dans la nuit moderne : le motel. Espace de transit, le motel abrite toute une population de laissés-pour-compte, d’humains à la dérive ; refuge pour les oubliés de l’american dream, qui, de crise en crise – économiques et personnelles, se sont vus dépossédés de tout. Dans l’incapacité de s’acquitter d’un loyer, d’une caution, ils se retrouvent à vivre dans des motels où l’on peut payer au jour le jour. Il y a ceux qui ont tout quitté. Il y a ceux qui ont tout perdu. Il y a ceux qui ne se rappellent plus bien, aspirés par la survie quotidienne. Il y a ceux qui rêvent encore. Tous s’y arrêtent, au départ juste le temps d’une nuit. Mais rapidement, ce qui semblait provisoire devient permanent, et le refuge se transforme en piège. (...) Portrait d’une Amérique désenchantée. Plongée dans ses abysses.