Kev

Kevin vient du Borinage. Tout le monde l’appelle Kev. C’est un adolescent roux, aux yeux pâles, avec une oreille coupée. Fugueur, casseur, incontrôlable, on dit de lui qu’il est autiste. Quand il avait deux ans, une assistante sociale l’a découvert enfermé dans une chambre plongée dans l’obscurité. Un trou dans le rideau laissait passer la lumière, Kevin essayait de l’attraper. C’était son seul jouet. Depuis qu’il a quatorze ans, je lui rends visite avec ma caméra. Aujourd’hui, il en a dix-neuf. Kevin a grandi, il s’est apaisé. Ce film propose de le suivre pendant ces cinq années, au plus proche de son quotidien, à l’institut et chez ses grands-parents, dans sa douceur et sa violence, pour tenter d’éprouver un tout autre rapport au monde.

Saule Marceau

Un cavalier solitaire arrive dans une vallée lointaine, à la recherche d'un terrain où s'installer. Clément est mon frère ainé. Il est devenu fermier dans le Limousin, loin de la cité de banlieue parisienne où nous avons grandi. Entre temps, nous nous sommes éloignés l'un de l'autre. Je lui propose de faire un film ensemble.

Lettre à l'empereur (la)

Le Japon s’arme et se prépare à un éventuel conflit avec la Chine ou la Corée du Nord. Pourtant une bataille désespérée se livre depuis presque cinq ans sur le front de Fukushima. Ainsi, une guerre en cache-t-elle une autre... La guerre, c’est comme les mauvaises herbes. Quand on ne s’attèle pas à désherber elles repoussent naturellement. Taro Yamamoto est une sorte de jardinier qui, passant son temps à nettoyer le jardin de Fukushima se voit obligé maintenant de s’attaquer au problème du réarmement de son pays.

F.A.M.I.L.L.E

C’est le film d’une enquête personnelle sur la procréation médicalement assistée (PMA) et la naissance d’un autre regard sur une institution que l’on connaît tous et que l’on appelle F.A.M.I.L.L.E. En Belgique, la loi permet aux couples lesbiens d’avoir des enfants en ayant recours à la PMA avec don de sperme anonyme. La réalisatrice s'interroge : pourrait-elle avoir une famille viable si la prochaine personne qu’elle rencontre est une femme? Car pour elle, une famille, c’est un père, une mère et des enfants. Elle part donc à la rencontre de membres de ces nouvelles familles homoparentales et des acteurs qui ont contribué à leur émergence: elle revisite leurs histoires, s’interroge, revient sur leurs embûches, essaie de panser certaines plaies, pousse sa réflexion un peu plus loin.

Sur la route d'Enver Hadri

Kosovo 1944, un homme disparaît sur la colline de Peja dans un charnier avec des dizaines d’autres. Bruxelles 1990, son fils est assassiné à Saint-Gilles abattu de deux balles dans une voiture. Vingt-cinq ans plus tard, Renoar Hadri remonte sur les traces de son père et de son grand-père. Sur la Route d’Enver Hadri est l’histoire d’un fils qui part à la rencontre de ses morts et qui met à jour un secret, l’histoire d’un enfant caché. Le film est un retour aux origines, un récit sur la nature humaine, la découverte d’un être et celui d’un pays, le Kosovo, en proie aux fantômes du passé.

Sang des autres (le)

En vertu de l’article 9ter de la loi dite « des étrangers », des hommes, des femmes, des familles avec enfants ont demandé le séjour en Belgique pour raisons médicales. Depuis 2012, l’Office des étrangers rejette presque systématiquement toutes les demandes et les migrants déboutés reçoivent un ordre de quitter le territoire. Ils souffrent de maladies graves, mortelles à court terme s’ils ne reçoivent pas le traitement adéquat.

Ma'ori nui

Tahiti, Polynésie française. Entre la piste de l’aéroport international et une petite colline de terre s’étend le quartier du Flamboyant. (...). Ces quartiers sont les lieux que l’histoire coloniale française a remplis d’un peuple déstructuré, aliéné, fatigué. Un peuple que les années fastes des essais nucléaires a habitué au clientélisme et à la politique de la main tendue. Un peuple que l’argent déversé et les politiques d’assistanat ont anesthésié. Aujourd’hui, le peuple Maohi est un peuple dominé qui a perdu sa langue, qui ignore son histoire et qui a oublié ses traditions et son rapport au monde (...). En confrontant l’esprit Maohi à son histoire nucléaire et à son présent fracturé, le film montre le visage d’une colonisation contemporaine et l’élan vital d’un peuple qui tente de ne pas s’oublier et qui, silencieusement, cherche le chemin de l’indépendance.

Derrière les volets

Une usine va être rasée. Elle porte mon nom. Je ne peux pas y entrer. C’était une fabrique de café qui appartenait à mon grand-père. Comme on me refuse l’entrée, j’enquête. Ma grand- mère habite en face. Je retrouve les ouvrières qui y ont travaillé et les carmélites qui vivent derrière. Au même moment, je tombe enceinte.

Place de l'homme (la)

Confrontés à une décision qui les impliquent mais pour laquelle leur avis ne pourra jamais prévaloir, des hommes entre 20 et 30 ans partagent face caméra leurs ressentis et réflexions à propos de l’avortement. Au regard des relations hommes/femmes, c’est le portrait d’une génération charnière qui se dessine à travers le film.