Alberico

A travers un portrait sensible d’Alberico, ancien mi- neur de fond, qui fut amener à l’âge de la pension, à devoir quitter sa maison pour se retrouver à dormir dans les bois, le film ravive la mémoire d’un pan de l’histoire de la Belgique d’après guerre lié à l’immi- gration italienne.

Soy libre

Un jour, je me suis rendue compte que mon petit frère était déjà grand. Arnaud a aujourd’hui 24 ans. Il est né dans un engrenage où il n’a jamais rien pu choisir. Et il sent encore, au jour le jour, que son histoire le guette. Alors, il a commencé par fuir et c’est dans une cavale permanente qu’il s’est emballé. En réussissant à se dégager de là, il est entré en rupture. Il provoque l’étincelle pour que quelque chose se passe. Il cherche à dépasser ce qui lui a été imposé et ce pourquoi il est fait. Il cherche ce qu’il aurait dû être. Il va, pour ainsi dire, vers ce qui l’attire. Et compte sur les rencontres pour apprendre et découvrir de quoi le monde pourrait être fait. C’est l’histoire d’un passage à l’âge charnière où le devenir adulte pousse un personnage à ne pas finir comme il a commencé. Sous la métaphore du serpent qui lâche sa peau pour aller en chercher une autre. Arnaud va bouger, il va se tordre, et se confronter. C’est l’histoire d’une lente mutation.

Elles disent

Je suis née et j’ai grandi dans le quartier turc de Schaerbeek. À trente ans, à travers le prisme de mon parcours personnel, marquée par des questionnements sur l’identité et le rapport à l’autre, et en invoquant le travail cinématographique de ma mère, je décide de filmer Laïla, Esinam et Zeynep, trois amies d’enfance et d’adolescence pour évoquer ces parcours marqués par ces « ailleurs » dont elles sont porteuses. L’une est moitié ghanéenne, l’une d’origine turque, et l’autre d’origine marocaine. C’est le moment des premiers constats et des incertitudes. L’époque a bien changée depuis ma scolarité achevée en 1997, à La Nouvelle Ecole, place Saint-Josse. (...) La grande unisson entre les peuples semble être un rêve d’un autre temps.

Madre del oro (la)

Amazonie. Du lieu de la «captation» à celui de l’exploitation sexuelle dans les zones aurifères du Pérou, le film raconte l’histoire d’une adolescente dépossédée peu à peu de son intégrité morale et physique pour devenir une esclave sexuelle. Dans la mine d’or de Huaypethue, là où les illusions d’un amour se meurent, nous suivons un jeune mineur dévoré par l’alcool et le sexe. Fièvre de l’or, fièvre du sexe, la destruction de l’environnement résonne comme la métaphore de la destruction des vies.

Mitra

Décembre 2012 : répondant au SOS de sa collègue Mitra Kadivar, le psychanalyste Jacques-Alain Miller tente par échanges de mails de la libérer d’un hôpital psychiatrique à Téhéran. À partir de cette correspondance saisissante, le film rend compte du combat de Mitra pour être entendue, et en propose une interprétation lyrique : les emails sont mis en musique et en voix par une équipe artistique en répétition, faisant de Mitra l’héroïne tragique d’un ciné-opéra documentaire. Ce travail de création est nourri par celui que mènent les patients d’un centre psychiatrique en France. Par le tissage d’écrits, de récits et de chants, tous entrent en résonance avec l’histoire de Mitra.

In a silent way

Malgré le nom qu’ils s’étaient choisi, les musiciens de Talk Talk détestaient les interviews, les tournées et les plateaux télés. Aujourd’hui, ils ne se parlent plus, refusent d’évoquer publiquement cette période et ne souhaitent pas que leur musique figure dans un film. Une équipe de cinéma part sur les traces de « Spirit of Eden », l’album qui a marqué leur rupture musi- cale et commerciale...

Des femmes remarquables

Six femmes nous racontent comment elles ont dédié leur vie à la recherche spirituelle. D’où vient cette recherche ? Comment s’exprime-t-elle ? Qu’elles soient de tradition chrétienne, musulmane, juive, tantrique, humaniste ou bouddhiste, ces femmes nous font rentrer dans leur quête intérieure intime, nous livrant les obstacles qu’elles ont du surmonter pour suivre leur appel, nous faisant partager un souffle qu’elles ont pu toucher dans leur voyage vers la liberté.

Turuncu aylar

Les lunes rousses

9 ans, Tüncay est arrachée à l’insouciance de son enfance au village en Anatolie. Sa grande soeur, ma mère, vit et travaille en Belgique. Elle souhaite avoir sa petite soeur au- près d’elle pour s’occuper de nous les enfants. Puis, à peine adolescente, un mariage arrangé la propulse brusquement dans les méandres de la vie. Une grossesse précoce et la soumission à une vie qu’elle n’a pas eu le temps de penser, se heurtent brutalement à ses rêves. Et, tout implose. Tüncay est précipitée dans une survie qui dure encore aujourd’hui. Un parcours marqué par trois femmes, sa mère, sa grande soeur et sa fille. Un film portrait traversé par quatre générations et une géographie allant des steppes d’Anatolie en passant par Bruxelles, Gand, jusqu’à l’autre bout de la Terre où Pinar, sa fille, est en marche vers une nouvelle femme. Entre ici et là-bas, ma tante Tüncay est le noeud dans un tissus de femmes. C’est un portrait miroir qui reflète l’histoire de toutes les autres.

Droit chemin (le)

Le monde du travail est basé sur des concepts de compétition, de pouvoir et bien sûr de profit. Ce modèle économique et sociétal engendre frustration, malheur, et désastre environnemental. Tout le monde parle de laisser une meilleure planète à nos enfants.Pourquoi ne pas essayer de laisser de meilleurs enfants à notre planète ?Réinventer fondamentalement nos structures d’éducation semble une nécessité pour répondre avec succès aux questions de développement durable auxquelles nous sommes actuellement confrontés. Au Nord comme au Sud.Pour amener les jeunes à penser et vivre le monde autrement, voire le « guérir », il faut peut-être reconnecter : l’homme à la nature, l’économie à l’écologie, l’art à la politique...

Parolier

Rosario Marino, immigré italien, ouvrier, puis parolier de chansons à grand succès. Un homme qui a quitté l’usine pour vivre de sa plume. Ce portrait réalisé par la fille du parolier est un questionnement sur la transmission des processus de création. A-t-elle hérité des méthodes de création de son père ? Et lui, de quoi est-il l’héritier ? Sur fond de paroles de chansons d’amour, une histoire marquée par la persévérance, la passion, et surtout par l’amour entre un père et une fille.

Bains publics

Les Marolles, au cœur de Bruxelles. Près de 65 ans après son inauguration, « les Bains de Bruxelles » offrent toujours deux bassins de natation et des bains douches publics aux habitants de ce quartier populaire. Des personnes d’âge, d’origine et de classe sociale différentes y trouvent un lieu de ressourcement et d’apaisement. Illustration d’un melting pot où les gens s’entrainent, se lavent, se parlent, se rencontrent. Un film tourné exclusivement dans l’enceinte de la piscine et de ses abords, où sensations, impressions, situations nourrissent une vision en apparence égalitaire mais qui va se révéler bien plus complexe.