Articles in Category: Aides à l'écriture/développement

Kolwezi on air

Aux quatre coins de la République Démocratique du Congo prolifèrent de petites radio-télévi- sions locales. Indépendantes du pouvoir, proches des habitants et de leurs difficultés de vie, elles connaissent une large audience. Au Katanga, la chaîne RTM@ est particulièrement appréciée. Ses journalistes y font courageusement leur métier. Chaque jour, ils jonglent avec la censure et ra- content avec une profonde dignité ce qu’est la vie dans l’une des villes minières les plus riches du pays, Kolwezi.

Kolwezi on air

Alberico

A travers un portrait sensible d’Alberico, ancien mi- neur de fond, qui fut amener à l’âge de la pension, à devoir quitter sa maison pour se retrouver à dormir dans les bois, le film ravive la mémoire d’un pan de l’histoire de la Belgique d’après guerre lié à l’immi- gration italienne.

Soy libre

Un jour, je me suis rendue compte que mon petit frère était déjà grand. Arnaud a aujourd’hui 24 ans. Il est né dans un engrenage où il n’a jamais rien pu choisir. Et il sent encore, au jour le jour, que son histoire le guette. Alors, il a commencé par fuir et c’est dans une cavale permanente qu’il s’est emballé. En réussissant à se dégager de là, il est entré en rupture. Il provoque l’étincelle pour que quelque chose se passe. Il cherche à dépasser ce qui lui a été imposé et ce pourquoi il est fait. Il cherche ce qu’il aurait dû être. Il va, pour ainsi dire, vers ce qui l’attire. Et compte sur les rencontres pour apprendre et découvrir de quoi le monde pourrait être fait. C’est l’histoire d’un passage à l’âge charnière où le devenir adulte pousse un personnage à ne pas finir comme il a commencé. Sous la métaphore du serpent qui lâche sa peau pour aller en chercher une autre. Arnaud va bouger, il va se tordre, et se confronter. C’est l’histoire d’une lente mutation.

Donna Haraway

Story Telling for Earthly Survival

Donna Haraway, éminente philosophe, primatologue et féministe, a bousculé les sciences sociales et la philoso- phie contemporaine en tissant des liens sinueux entre la théorie et la fiction. Elle s’est fait connaître à partir des années 1980 par un travail sur l’identité qui, rompant avec les tendances dominantes, œuvre à subvertir l’hégé- monie de la vision masculine sur la nature et la science. L’auteure du Manifeste Cyborg est aussi une incroyable conteuse qui dépeint dans ses livres des univers fabuleux peuplés d’espèces transfuturistes. Le réalisateur Fabrizio Terranova a rencontré Donna Haraway chez elle en Californie. À partir de discussions complices sur ses recherches et sa pensée foisonnante, il a construit un portrait cinématographique singulier qui immerge le spectateur dans un monde où la frontière entre la science-fiction et la réalité se trouble. Le film tente de déceler une pensée en mouvement, mêlant récits, images d’archives et fabulation dans la forêt californienne.

Donna Haraway

Turuncu aylar

Les lunes rousses

9 ans, Tüncay est arrachée à l’insouciance de son enfance au village en Anatolie. Sa grande soeur, ma mère, vit et travaille en Belgique. Elle souhaite avoir sa petite soeur au- près d’elle pour s’occuper de nous les enfants. Puis, à peine adolescente, un mariage arrangé la propulse brusquement dans les méandres de la vie. Une grossesse précoce et la soumission à une vie qu’elle n’a pas eu le temps de penser, se heurtent brutalement à ses rêves. Et, tout implose. Tüncay est précipitée dans une survie qui dure encore aujourd’hui. Un parcours marqué par trois femmes, sa mère, sa grande soeur et sa fille. Un film portrait traversé par quatre générations et une géographie allant des steppes d’Anatolie en passant par Bruxelles, Gand, jusqu’à l’autre bout de la Terre où Pinar, sa fille, est en marche vers une nouvelle femme. Entre ici et là-bas, ma tante Tüncay est le noeud dans un tissus de femmes. C’est un portrait miroir qui reflète l’histoire de toutes les autres.

Kev

Kevin vient du Borinage. Tout le monde l’appelle Kev. C’est un adolescent roux, aux yeux pâles, avec une oreille coupée. Fugueur, casseur, incontrôlable, on dit de lui qu’il est autiste. Quand il avait deux ans, une assistante sociale l’a découvert enfermé dans une chambre plongée dans l’obscurité. Un trou dans le rideau laissait passer la lumière, Kevin essayait de l’attraper. C’était son seul jouet. Depuis qu’il a quatorze ans, je lui rends visite avec ma caméra. Aujourd’hui, il en a dix-neuf. Kevin a grandi, il s’est apaisé. Ce film propose de le suivre pendant ces cinq années, au plus proche de son quotidien, à l’institut et chez ses grands-parents, dans sa douceur et sa violence, pour tenter d’éprouver un tout autre rapport au monde.

Droit chemin (le)

Le monde du travail est basé sur des concepts de compétition, de pouvoir et bien sûr de profit. Ce modèle économique et sociétal engendre frustration, malheur, et désastre environnemental. Tout le monde parle de laisser une meilleure planète à nos enfants.Pourquoi ne pas essayer de laisser de meilleurs enfants à notre planète ?Réinventer fondamentalement nos structures d’éducation semble une nécessité pour répondre avec succès aux questions de développement durable auxquelles nous sommes actuellement confrontés. Au Nord comme au Sud.Pour amener les jeunes à penser et vivre le monde autrement, voire le « guérir », il faut peut-être reconnecter : l’homme à la nature, l’économie à l’écologie, l’art à la politique...

Philippine (la)

Chaque année, environ 200.000 femmes quittent les Philippines pour travailler comme domestiques. Elles se rendent dans le monde entier, vers des pays riches industrialisés. Aux Philippines, chaque femme désireuse de quitter le pays en tant que travailleuse domestique doit suivre une série complète de formations, validée par un Certificat National de Services Domestiques. Le film s’intéresse à ce programme institué par le gouvernement, qui définit précisément les caractéristiques d’une travailleuse domestique philippine. En contre-point les témoignages de travailleuses revenues de l’étranger.

Parolier

Rosario Marino, immigré italien, ouvrier, puis parolier de chansons à grand succès. Un homme qui a quitté l’usine pour vivre de sa plume. Ce portrait réalisé par la fille du parolier est un questionnement sur la transmission des processus de création. A-t-elle hérité des méthodes de création de son père ? Et lui, de quoi est-il l’héritier ? Sur fond de paroles de chansons d’amour, une histoire marquée par la persévérance, la passion, et surtout par l’amour entre un père et une fille.

Mains libres (les)

Frans Masereel est l’une des figures artistiques belges les plus passionnantes du 20ème siècle. Son œuvre, essentiellement composée de gravures en noir et blanc, est un cri de révolte contre les tragé- dies de son temps. Contraint à un exil forcé en raison de ses convictions pacifistes, il incarna aux côtés d’écrivains comme Stefan Zweig et Romain Rolland, le rêve d’une Europe culturelle et fraternelle. A travers une correspondance imaginaire que le réalisateur adresse à l’artiste, le film esquisse le portrait d’un homme libre et émouvant, qui durant toute sa vie, a tenté de s’affranchir des mar- chands d’Art pour mettre sa création entre toutes les mains.

Mains libres (les)

Bains publics

Les Marolles, au cœur de Bruxelles. Près de 65 ans après son inauguration, « les Bains de Bruxelles » offrent toujours deux bassins de natation et des bains douches publics aux habitants de ce quartier populaire. Des personnes d’âge, d’origine et de classe sociale différentes y trouvent un lieu de ressourcement et d’apaisement. Illustration d’un melting pot où les gens s’entrainent, se lavent, se parlent, se rencontrent. Un film tourné exclusivement dans l’enceinte de la piscine et de ses abords, où sensations, impressions, situations nourrissent une vision en apparence égalitaire mais qui va se révéler bien plus complexe.

In a silent way

Malgré le nom qu’ils s’étaient choisi, les musiciens de Talk Talk détestaient les interviews, les tournées et les plateaux télés. Aujourd’hui, ils ne se parlent plus, refusent d’évoquer publiquement cette période et ne souhaitent pas que leur musique figure dans un film. Une équipe de cinéma part sur les traces de « Spirit of Eden », l’album qui a marqué leur rupture musi- cale et commerciale...

Des femmes remarquables

Six femmes nous racontent comment elles ont dédié leur vie à la recherche spirituelle. D’où vient cette recherche ? Comment s’exprime-t-elle ? Qu’elles soient de tradition chrétienne, musulmane, juive, tantrique, humaniste ou bouddhiste, ces femmes nous font rentrer dans leur quête intérieure intime, nous livrant les obstacles qu’elles ont du surmonter pour suivre leur appel, nous faisant partager un souffle qu’elles ont pu toucher dans leur voyage vers la liberté.

Elles disent

Je suis née et j’ai grandi dans le quartier turc de Schaerbeek. À trente ans, à travers le prisme de mon parcours personnel, marquée par des questionnements sur l’identité et le rapport à l’autre, et en invoquant le travail cinématographique de ma mère, je décide de filmer Laïla, Esinam et Zeynep, trois amies d’enfance et d’adolescence pour évoquer ces parcours marqués par ces « ailleurs » dont elles sont porteuses. L’une est moitié ghanéenne, l’une d’origine turque, et l’autre d’origine marocaine. C’est le moment des premiers constats et des incertitudes. L’époque a bien changée depuis ma scolarité achevée en 1997, à La Nouvelle Ecole, place Saint-Josse. (...) La grande unisson entre les peuples semble être un rêve d’un autre temps.

Femmes prêtres au Vatican

Des femmes ont décidé de défier le Vatican et de devenir prêtres catholiques. Elles sont aujourd’hui une centaine à travers le monde. Elles célèbrent des messes, malgré le désaccord de l’Eglise. Un film politique et féministe sur un sujet jamais abordé. Un voyage avec des femmes libres dans le dernier bas- tion de la misogynie.

Madre del oro (la)

Amazonie. Du lieu de la «captation» à celui de l’exploitation sexuelle dans les zones aurifères du Pérou, le film raconte l’histoire d’une adolescente dépossédée peu à peu de son intégrité morale et physique pour devenir une esclave sexuelle. Dans la mine d’or de Huaypethue, là où les illusions d’un amour se meurent, nous suivons un jeune mineur dévoré par l’alcool et le sexe. Fièvre de l’or, fièvre du sexe, la destruction de l’environnement résonne comme la métaphore de la destruction des vies.

Deux visages d'une femme bamileke (les)

Ce film raconte le retour d’une jeune femme dans son pays d’origine, le Cameroun, ses retrouvailles avec sa mère, retrouvailles construites autour des espaces revisités de leurs deux vécus. Deux parcours différents qui se croisent autour des traditions qui fondent leurs deux personnalités. A la recherche des sentiments enfouis, des histoires, son histoire. Donner vie aux voix endormies dans le silence, éclairer les visages des femmes de sa communauté qui l’ont construites pour faire jaillir d’autres couleur de leur visage.

Deux visages d'une femme bamileke (les)

Mitra

Décembre 2012 : répondant au SOS de sa collègue Mitra Kadivar, le psychanalyste Jacques-Alain Miller tente par échanges de mails de la libérer d’un hôpital psychiatrique à Téhéran. À partir de cette correspondance saisissante, le film rend compte du combat de Mitra pour être entendue, et en propose une interprétation lyrique : les emails sont mis en musique et en voix par une équipe artistique en répétition, faisant de Mitra l’héroïne tragique d’un ciné-opéra documentaire. Ce travail de création est nourri par celui que mènent les patients d’un centre psychiatrique en France. Par le tissage d’écrits, de récits et de chants, tous entrent en résonance avec l’histoire de Mitra.

Oltramare

Colonies fascistes

Dans l’Italie fasciste des années 30, le petit village de Borgo voit une partie de ses habitants, poussés par la misère ou l’esprit d’aventure, émigrer dans les colonies de «L’Empire Italien d’Afrique». Ils s’en vont chercher l’Eldorado que la propagande fasciste leur a promis. Leur rêve se brise après quelques années seulement. La guerre et la chute du régime entraînent la perte des Colonies, les obligeant à revenir à Borgo, après avoir tout perdu. Cette épopée nous est dévoilée par les mots, les mémoires écrites et les centaines de photos de quelques témoins. L’histoire se déploie dans un parcours intime qui nous révèle une parole longtemps tue. Une aventure coloniale vue de l’intérieur.

Oltramare

Boli Bana

La nuit, le jeune Ama et sa bande voyagent dans la brousse de Boli Bana. Des bêtes immenses et bienveillantes les accompagnent. Ils se jaugent, se cherchent, s’apprivoisent. Le jour, la jeune Aissita est l’attention du village de Boli Bana. Une sorcière est venue pour un rituel : Assista rentre dans l’âge adulte. A travers les yeux de ces enfants se dessine l’histoire d’un monde nomade et mystique. Une enfance peulhe au Burkina Faso.

Boli Bana

Ma'ori nui

Tahiti, Polynésie française. Entre la piste de l’aéroport international et une petite colline de terre s’étend le quartier du Flamboyant. (...). Ces quartiers sont les lieux que l’histoire coloniale française a remplis d’un peuple déstructuré, aliéné, fatigué. Un peuple que les années fastes des essais nucléaires a habitué au clientélisme et à la politique de la main tendue. Un peuple que l’argent déversé et les politiques d’assistanat ont anesthésié. Aujourd’hui, le peuple Maohi est un peuple dominé qui a perdu sa langue, qui ignore son histoire et qui a oublié ses traditions et son rapport au monde (...). En confrontant l’esprit Maohi à son histoire nucléaire et à son présent fracturé, le film montre le visage d’une colonisation contemporaine et l’élan vital d’un peuple qui tente de ne pas s’oublier et qui, silencieusement, cherche le chemin de l’indépendance.

Totems et tabous

La caméra s’avance lentement dans ce majestueux palais vide... Sur plus de 300 colonnes, le « L » du Roi Léopold II, fondateur du Musée Colonial belge de Tervuren, au début du XXe siècle. Il a été le « génocidaire » de son propre royaume, l’Etat Indépendant du Congo. Après plus d’un siècle, ce Musée, héritier des collections les plus riches du monde sur l’Art africain, rouvrira ses portes à l’automne 2017, après une rénovation de plus de 10 ans. Il fait déjà l’objet de beaucoup de polémiques internationales, critiqué de toute part pour les vols et pillages composant ses richesses. Est-ce que beaucoup de musées dans le monde ne sont pas le résultat de pillages et devraient aussi se remettre en question ?

Dans les yeux de Médor

Face à un monde qui bouge, le journalisme d’investigation vit des transformations profondes. Avec Inter- net et les réseaux sociaux, l’accélération du rhythme de travail, des manipulations de l’information et la menace des extremismes et populismes, il devient de plus en plus difficile de défendre un travail d’information de qualité. En créant le trimestriel Médor, un groupe d’une ving- taine de journalistes et graphistes essaie d’enrichir le paysage de la presse belge francophone avec des enquêtes et des récits. Leurs interrogations sont emblématiques de leur métier et universelles. De quelle manière faire du journalisme, et comment rester indépendant ? Est-ce encore possible et économiquement viable ?

Sur la route d'Enver Hadri

Kosovo 1944, un homme disparaît sur la colline de Peja dans un charnier avec des dizaines d’autres. Bruxelles 1990, son fils est assassiné à Saint-Gilles abattu de deux balles dans une voiture. Vingt-cinq ans plus tard, Renoar Hadri remonte sur les traces de son père et de son grand-père. Sur la Route d’Enver Hadri est l’histoire d’un fils qui part à la rencontre de ses morts et qui met à jour un secret, l’histoire d’un enfant caché. Le film est un retour aux origines, un récit sur la nature humaine, la découverte d’un être et celui d’un pays, le Kosovo, en proie aux fantômes du passé.